Fête aérostatique, qui sera célébrée aujourd'hui au champ de Mars; Aréostation: établissement d'une compagnie aéronautique by Anonymous - Fête aérostatique, qui sera célébrée aujourd'hui au champ de Mars; Aréostation: établissement d'une compagnie aéronautique

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Fête aérostatique, qui sera célébrée aujourd'hui au champ de Mars; Aréostation: établissement d'une compagnie aéronautique

The Project Guten­berg EBook of Fête aéro­sta­tique, qui sera célébrée au­jourd'hui au champ de Mars; Aréo­sta­tion: étab­lisse­ment d'une com­pag­nie aéro­nau­tique, by Anony­mous

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Ti­tle: Fête aéro­sta­tique, qui sera célébrée au­jourd'hui au champ de Mars; Aréo­sta­tion: étab­lisse­ment d'une com­pag­nie aéro­nau­tique

Au­thor: Anony­mous

Re­lease Date: June 6, 2006 [EBook #18518]

Lan­guage: French

Char­ac­ter set en­cod­ing: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTEN­BERG EBOOK FÊTE AÉRO­STA­TIQUE, QUI SERA ***

Pro­duced by Car­lo Traver­so, Lau­rent Vo­gel and the On­line Dis­tribut­ed Proof­read­ing Team at http://www.pgdp.net (This file was pro­duced from im­ages gen­er­ous­ly made avail­able by the Bib­lio­thèque na­tionale de France (BnF/Gal­li­ca) at http://gal­li­ca.bnf.fr)

FÊTE AÉRO­STA­TIQUE,

_Qui sera célébrée au­jourd'hui au champ de Mars._

Il n'y a pas de belle fête sans lende­main.

Quand les Ro­mains célébroient des fêtes publiques, telles que les _sat­ur­nales_, elles duroient plusieurs jours; il n'étoit pas per­mis pen­dant ce temps de traiter au­cune af­faire, d'ex­ercer au­cun art, ex­cep­té celui de la _cui­sine_: toutes les dis­tinc­tions de rang ces­soient alors; jusques-​là les es­claves pou­voient im­puné­ment dire à leur maîtres tout ce qu'ils vouloient. La fête de la pa­trie, que nous célébrons depuis le 14, ne nous représente-​t-​elle pas la même im­age? Ne reg­ne-​t-​il pas par-​tout cet es­prit de lib­erté qui con­fond tous les rangs? Ne voit-​on pas de tous côtés les Parisiens s'em­press­er de re­cevoir à leurs ta­bles les députés des provinces? Par-​tout l'on fait des li­ba­tions sur l'au­tel de la pa­trie & de la lib­erté; l'on chante, l'on danse comme à Rome dans toutes les places publiques. Au­jourd'ui l'on doit en­core don­ner une fête à MM. les députés. Le com­man­dant-​général doit rassem­bler les pha­langes parisi­ennes au champ de Mars, les pass­er en re­vue, leur faire faire dif­férentes évo­lu­tions pour les ex­ercer à l'art de défendre la pa­trie, comme faisoient autre­fois les Ro­mains dans leur champ de Mars. Je ne doute pas que MM. les Parisiens, qui ont mon­tré tant de courage depuis la révo­lu­tion, ne veuil­lent adopter l'éd­uca­tion pra­tiquée à Rome; qu'ils n'en­voient leurs en­fans es­say­er leurs forces en faisant re­vivre les jeux du ces­te, de la lutte, du pugi­lat, de la nata­tion.

La Seine est au bord de notre champ de Mars, comme le Tibre l'étoit de celui des Ro­mains. En­fin tout sem­ble nous présen­ter la même con­for­mité. Quand les troupes au­ront fait leurs ma­noeu­vres, on doit faire par­tir un su­perbe bal­lon aux couleurs de la na­tion: il sera at­taché de maniere qu'on puisse le promen­er tout-​au­tour du cirque, afin que tous les spec­ta­teurs puis­sent le voir; en­suite on en fera hom­mage à la pa­trie, en le posant sur son au­tel. Alors deux ou trois braves aéro­nautes mon­teront dans la na­celle, & en­trepren­dront le voy­age des airs; ils iront savoir si les pe­uples qui habitent la lune sont li­bres; & s'ils ne le sont pas, ils leur lais­seront la déc­la­ra­tion des droits de l'homme, qui fait pâlir les tyrans.

On ne peut mieux célébr­er la fête de la na­tion, qu'en tâchant de per­fec­tion­ner un art dont la dé­cou­verte fait hon­neur à la France, et va peut être reculer les bornes de l'es­prit hu­main: une musique mil­itaire célébr­era le dé­part de ces hardis nav­iga­teurs, qui se sac­ri­fient pour le développe­ment des sci­ences. Quand une fois l'on au­ra per­du de vue le bal­lon, l'on procédera au dépèce­ment d'un am­bigu lacédé­monien. Il est inu­tile de pein­dre la joie qui régn­era dans ces nôces de la lib­erté. Les tosts ne seront pas épargnés; le bon Sylêne présidera la fête. Des ta­bles nom­breuses seront placées ça et là dans les al­lées qui en­tourent le champ de la Lib­erté et dans les Champs-​élysées; après le dîn­er, l'on don­nera sur la Seine une joûte, es­pece de pe­tit com­bat naval, où l'on livr­era un as­saut, où l'on fera plusieurs décharges: on ar­bor­era sur les pe­tits batelets le pavil­lon aux trois couleurs, de­venu le pavil­lon français. Il y au­ra un vain­queur, et il sera couron­né et porté en tri­om­phe, pour don­ner de l'ému­la­tion aux je­unes ath­letes. Tout le monde s'at­tend à voir couron­ner les braves _Hulin_, _Hum­bert_, _Arné_, qui ont mon­té les pre­miers à l'as­saut de la Bastille: en vain les de­man­dions-​nous le 14; ils étoient con­fon­dus dans la foule; d'autres re­cevoient des hon­neurs qu'eux seules méri­toient. Ils ne seront pas, nous os­ons l'es­pér­er, éclip­sés par l'éclat de la roy­auté; comme le 14, où l'on n'a vu que le roi dans toute la fête, et non la na­tion.

Le soir, il y au­ra grande il­lu­mi­na­tion aux Champs-​Élysées & de Mars, où tout le pe­uple dansera; & afin que tous les citoyens soient à même de se di­ver­tir, il y a plusieurs en­droits des­tinés à ce plaisir. D'abord les Champs-​Élysées four­nissent un grand em­place­ment; en­suite on dansera dans la mag­nifique ro­tonde de la halle, qui est peut-​être l'en­droit le plus com­mode & le plus beau pour ces sortes de fêtes: on a été oc­cupé plusieurs jours à la dé­co­ra­tion de cette en­ceinte, qui, il­lu­minée avec des lam­pi­ons de dif­férentes couleurs, flat­tera agréable­ment la vue. Il tien­dra à-​peu-​près soix­ante mille ames, comme ce cirque que _Pom­pée_ avoit fait bâtir, dans lequel il tenoit cent mille Ro­mains. Il y au­ra dif­férens buf­fets des­tinés à met­tre les rafraîchisse­mens les plus exquis, il paroît qu'on dansera aus­si à la Ville, qui doit être pour les bons Français un lieu sacré, quand ils se rap­pelleront que c'est là qu'ils ont for­mé leurs pre­miers voeux pour la pa­trie, que c'est là que les électeurs ont mon­tré tant de courage & de fer­meté pour la chose publique. Le comité de la Fédéra­tion a eu une belle idée, en pro­posant de danser sur les ru­ines de la Bastille: voilà cer­taine­ment le bal qui sera le plus fréquen­té, celui qui sera don­né sur un ter­rein qu'il faut pu­ri­fi­er de toutes ses souil­lures, dont il faut en­fon­cer la terre en la frap­pant du pied. Il faut avant d'y élever le tem­ple de la lib­erté, en chas­ser les ex­ha­laisons du despo­tisme, par nos chants, nos dans­es, nos ac­tions de graces.

La fête ne seroit pas com­plette s'il n'y avoit un feu d'ar­ti­fice: aus­si le comité de la Fédéra­tion nous a-​t-​il an­non­cé qu'on fer­oit par­tir sur le soir une gi­rande au pont-​neuf, ce qui fera un bel ef­fet du pont-​au-​Change & du pont-​roy­al, pourvu que le mau­vais temps ne vi­enne pas, comme le 14, trou­bler tous nos pro­jets. Je su­is per­suadé que quelque con­sid­érable que fût la pluie, elle ne re­froidiroit ja­mais le pa­tri­otisme de nos députés, ni celui des Parisiens, dont l'ardeur s'est tou­jours soutenue; mais elle ôteroit au plaisir tout son agré­ment & toute sa vi­vac­ité. Je su­is éton­né que le comité de Fédéra­tion n'ait pas fait faire au mi­lieu du champ de Mars une véri­ta­ble Bastille, qu'on au­roit at­taquée, sur les murs de laque­lle on eût couron­né ceux qui ont risqué leurs jours pour la détru­ire. Il me sem­ble que c'étoit-​là la véri­ta­ble maniere de ré­com­penser ces héros in­con­nus, d'in­spir­er de la vénéra­tion pour les belles ac­tions, de les propager; l'en­vie, ni la jalousie n'eu­ssent pu s'y op­pos­er, & le mérite eût été ré­com­pen­sé. Mais ce qui est dif­féré n'est pas per­du, pour par­ler prover­biale­ment; la com­mune peut en­core don­ner cette fête; car je crois que MM. les députés res­teront ici pen­dant l'oc­tave de la fête de la na­tion. Pourquoi ne célébre­ri­ons-​nous pas aus­si la pe­tite fête de la na­tion? On ne sauroit trop graver dans toutes les ames les principes de la lib­erté & du pa­tri­otisme, & ce n'est pas trop que de leur con­sacr­er une se­maine sans partage.

Que dans ces jours de fête on en­tende re­ten­tir de tous côtés les mots _pa­trie_, _con­sti­tu­tion_, & ne nous oc­cupons qu'à préserv­er de toutes at­teintes, mêmes im­par­tiales, la lib­erté que nous avons eu tant de peine à con­quérir.

------------------------------------------- Chez GAR­NÉRY, li­braire, rue Ser­pente, nº 17.

ARÉO­STA­TION.

ÉTAB­LISSE­MENT D'UNE COM­PAG­NIE AERO­NAU­TIQUE.

La dé­cou­verte im­mortelle de l'Aréo­sta­tion, après avoir oc­ca­sion­né un délire uni­versel, a été aban­don­née avec une in­dif­férence presque aus­si éton­nante que la dé­cou­verte elle-​même. Les Sa­vants & les Artistes se sont oc­cupés, pen­dant un an ou deux, des moyens pro­pres à diriger, dans les airs, ces su­perbes ma­chines. Le peu de suc­cès de ce qui a été ten­té, & peut-​être le peu de rai­son de ce qui a été dit, ont fait croire que le prob­lême étoit in­sol­uble, & que l'Aréo­sta­tion seroit éter­nelle­ment un jeu bril­lant, dan­gereux & dis­pendieux sans au­cune util­ité.

Je viens dé­men­tir un préjugé adop­té avec trop de pré­cip­ita­tion. Je viens présen­ter à mes Conci­toyens le fruit de plusieurs an­nées de réflex­ion sur le plus éton­nant & le plus mag­nifique des Arts. Après avoir par­cou­ru la sphère des moyens com­pliqués que présente la Méchanique, je su­is de­scen­du à des élé­mens sim­ples, & d'une vérité si frap­pante qu'elle peut être re­con­nue par ceux-​mêmes à qui les Sci­ences sont le moins famil­ières.

Je pro­pose deux moyens de di­rec­tion, qui pour­ront être em­ployés sé­paré­ment ou si­mul­tané­ment, & à l'aide desquels on pour­ra trans­porter, où l'on voudra, des fardeaux énormes, & en­trepren­dre, sans de grandes fa­tigues & à peu de frais, les voy­ages les plus loin­tains, & même le tour du monde sous toutes les lat­itudes.

Je ne m'étendrai point sur l'im­por­tance de cette dé­cou­verte, & sur l'in­flu­ence qu'elle doit avoir sur les Sci­ences, le Com­merce & les Arts: il est des vérités telle­ment pal­pa­bles qu'elles n'ont pas même be­soin d'être in­diquées.

La FRÉ­GATE AÉRI­ENNE que je me pro­pose de faire con­stru­ire coûtera, tout au plus, 80,000 livres, y com­pris tous ses ac­ces­soires. J'ai même lieu de croire que cette dépense n'ex­cédera pas 60,000 livres.

J'ou­vre une Souscrip­tion, dont voici les con­di­tions.

Il y au­ra 160 ac­tions.

Chaque ac­tion sera de 500 livres.

Chaque ac­tion don­nera au Pro­prié­taire séance & voix délibéra­tive.

Le Pro­prié­taire de deux ac­tions au­ra deux voix.

Le Pro­prié­taire de qua­tre ac­tions au­ra trois voix.

Le Pro­prié­taire de huit ac­tions au­ra qua­tre voix.

Le Pro­prié­taire de seize ac­tions au­ra cinq voix.

Au­cun Ac­tion­naire ne pour­ra avoir plus de cinq voix, en quelque nom­bre que soient les ac­tions qu'il réu­ni­ra.

Tout Citoyen qui voudra souscrire pour une ou plusieurs ac­tions, se trans­portera chez M. GI­RARD, No­taire, rue S.-Mar­tin, Nº 168, & y dé­posera la somme ou en es­péces ou en bil­lets de Caisse ou en assig­nats.

Il pour­ra se con­tenter de sign­er une soumis­sion de dé­pos­er avant le pre­mier Juil­let prochain; mais, en cas de con­cur­rence, les Dé­posi­taires ef­fec­tifs seront préférés aux Soumis­sion­naires.

Si, à l'époque du pre­mier Juil­let, la souscrip­tion n'étoit pas rem­plie, du moins jusqu'à con­cur­rence des deux tiers, il en seroit don­né avis aux dé­posi­taires, & les sommes dé­posées leur seroient ren­dues.

Aus­si-​tôt que les qua­tre-​vingt mille francs seront réal­isés, il en sera don­né avis aux Ac­tion­naires par une Cir­cu­laire, por­tant con­vo­ca­tion pour la pre­mière As­sem­blée.

Dans cette pre­mière As­sem­blée, il sera nom­mé trois Com­mis­saires qui seront pris, soit dans le sein de l'As­sem­blée, soit par­mi les Mem­bres de l'Académie des Sci­ences.

M. Gi­rard étant in­for­mé du ré­sul­tat, le fera savoir à l'Au­teur qui alors dévoil­era aux trois Com­mis­saires, sous le sceau du se­cret, sa théorie sur la Nav­iga­tion Aéri­enne.

Les Com­mis­saires don­neront leur avis à la Com­pag­nie, sans le mo­tiv­er, & se con­tenteront de dire si la théorie leur a paru raisonnable ou non.

En cas d'af­fir­ma­tive, les Ac­tion­naires seront liés.

En cas de néga­tive, la Com­pag­nie se dis­soudra.

Dans le pre­mier cas, la Com­pag­nie, après s'être or­gan­isée, adressera une Péti­tion à la Com­mune de Paris, à l'ef­fet d'obtenir son au­tori­sa­tion & la jouis­sance de l'em­place­ment néces­saire pour la con­struc­tion de la Fré­gate & les ex­péri­ences prélim­inaires.

Il sera passé, en­tre la Com­pag­nie & moi, un Con­trat de So­ciété, aux con­di­tions qui seront avisées en­tre nous, & no­tam­ment aux con­di­tions suiv­antes:

Il sera an­nexé au Con­trat de So­ciété un état, par ap­perçu, des dépens­es qu'en­traîn­era l'exé­cu­tion de mon Pro­jet.

Tous les de­vis & marchés, tous les achats, & générale­ment tout ce qui con­cern­era les dé­tails économiques de la con­struc­tion, seront faits par les Of­ficiers délégués à cet ef­fet par la Com­pag­nie.

Je ne me réserve que le droit de diriger, sans con­tra­dicteur, l'exé­cu­tion de mon Plan.

La Com­pag­nie sera seule pro­prié­taire de toutes les ma­chines & matéri­aux.

Dans le cas où, con­tre toute ap­parence, les frais de con­struc­tion & autres déboursés prélim­inaires, ex­céderoient qua­tre-​vingt mille livres, la Com­pag­nie dé­cideroit, _à la plu­ral­ité des voix_, s'il y a lieu ou d'aban­don­ner l'En­treprise ou de procéder à un ap­pel des Ac­tion­naires, à l'ef­fet d'une nou­velle con­tri­bu­tion.

Cette nou­velle con­tri­bu­tion pour­ra avoir lieu jusqu'à con­cur­rence d'_un cin­quième seule­ment_.

Mais, dans le cas où il seroit ques­tion d'une con­tri­bu­tion plus con­sid­érable que celle de cent livres par ac­tion, en ce cas, les Ac­tion­naires re­fu­sans _ne seront pas liés par la plu­ral­ité des suf­frages_; & chaque in­di­vidu sera li­bre de re­tir­er ses de­niers, ou, à dé­faut de paiement, de provo­quer la vente des fonds de la Com­pag­nie.

Je ne me per­me­ttrai qu'une seule réflex­ion sur la na­ture de l'Étab­lisse­ment que je pro­pose.

En cas de réus­site, le béné­fice est in­cal­cu­la­ble.

En cas de non-​réus­site, les Ac­tion­naires n'éprou­veront que la perte de la main-​d'oeu­vre, & cette perte sera plus que com­pen­sée par la con­tri­bu­tion qu'on ex­ig­era des Spec­ta­teurs qu'at­tir­era le de­sir de voir la Fré­gate & les ex­péri­ences prélim­inaires.

1790.

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